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Les
origines...
Il est très
difficile, de fixer avec certitude, les origines de Châtillon tant
les récits légendaires et les faits réels, ou supposés tels, se
mêlent étroitement.
Géographiquement, le Châtillon ancien est situé sur une colline
éperon encadrée par deux rivières qui se jettent dans la Loire.
Cet éperon bordé de zones marécageuses qui s'étendaient jusqu'à
la Loire, bénéficiait d'une situation particulièrement
privilégiée de défense.
Les premiers témoignages de son histoire sont relatés par les "Miracles
de Saint Benoît" racontant la vie quotidienne au Moyen Age.
Dans le tome , essentiellement consacré à Châtillon et écrit vers
1405, le moine André de Fleury relate un épisode remontant
au 10ème siècle.
" Le seigneur
Edmond de Montfort, seigneur de Château Gordon (Sancerre), avait
une petite forteresse sur la colline de Châtillon. Au pied de la
colline, à l'actuel hameau de Nancray, étaient installés les moines
qui cultivaient la vigne. Un jour, le neveu d'Edmond de Montfort,
qui fréquentait les moines, se prend de querelle avec l'un d'eux,
et, pour se venger, met le feu au cellier des moines et à leur petite
chapelle sur la colline. Quelque temps après, deux chasseurs ayant
raté leur proie, recherchent leurs flèches et, dans les broussailles
de la colline, découvrent une jarre ayant contenu de l'huile et
reconnue par les moines comme ayant été prêtée au neveu du seigneur.
Les moines finissent par le faire avouer et il est reconduit chez
son oncle à Sancerre où les seigneurs le condamnent à être pendu.
Simon de Montfort, pour sauver son neveu, échange la vie de son
neveu contre la donation aux moines de ses domaines de Châtillon
et la promesse de devenir lui-même, moine : promesse qui sera tenue".
...
Saint Posen...
Cette légende
est directement liée à la légende de Saint Posen. Posen était
un paysan de Santranges, petite commune située dans le Cher et proche
de Châtillon. Ceci
se passe au 5ème siècle. Il garde ses moutons et, témoin d'un miracle,
se fait prêtre et ermite. Il meurt, et les gens de Nancray et de
Santranges, se disputant sa dépouille, décident de la charger sur
un chariot tiré par deux bœufs blancs en laissant ces derniers décider
de la direction à prendre. Ceux-ci partent vers Nancray, s'arrêtent
au pied de la colline, tapent du pied et une source jaillit. Une
source miraculeuse pouvant guérir bien des maux et encore visible
actuellement. Les lieux où vécu Saint Posen firent l'objet de pèlerinages
jusqu'au début du 20ème siècle.
Une petite chapelle contenant les restes de Saint Posen fut construite
sur la colline. Elle est restaurée lorsque les moines s'installent
sur celle-ci. La chapelle est détruite en 1557 et les restes de
Saint Posen, saccagés, furent protégés dans une crypte construite
sous l'église de Châtillon où ils se trouvent peut-être encore après
les destructions successives de cette église et la reconstruction
de la crypte.
A
partir du 11ème siècle, le développement économique et démographique
fait déborder la ville au pied de la colline. Châtillon connaît
une histoire particulièrement mouvementée au cours des 11ème ,12ème
et 13ème siècles. Châtillon est alors l'enjeu des luttes entre plusieurs
puissances rivales : abbaye de Saint-Benoît, seigneurs de Sully,
comtes de Sancerre liés à la puissante maison de Champagne en conflit
ouvert avec le roi de France.
...les
guerres de religion...
Du 13ème siècle jusqu'à la révolution de 1789, les abbés de Saint-Benoît
seront les seigneurs en titre de Châtillon. Les guerres de religion
et leur suite constituent le deuxième temps fort de l'histoire de
Châtillon. Pendant toute la deuxième moitié du 16ème siècle, les
incidents violents se multiplient entre catholiques et protestants.
L'église est détruite en 1557 et le curé chassé trois ans plus tard.
Entre 1560 et 1590 Châtillon est attaquée ou assiégée sept fois.
C'est en 1596
qu'est édifié le premier temple de Châtillon, le troisième bâti
en France. Il sera aussi le premier détruit sur l'ordre de Louis
XIV en 1684. La lutte idéologique se poursuit au 17ème siècle jusqu'à
la Révocation de L'Edit de Nantes en 1685. Richelieu en personne
aide à la reconstruction de l'église en 1627.
Deux affaires
retentissantes déchaînent les passions : l'affaire Martin-Hérault
en 1667 et surtout l'affaire Marie-Courault, épouse de Philippe
de Jaucourt, seigneur de la Vaiserie à Cernoy,
qui débute en 1683 et s'achève par la destruction du Temple ordonnée
en 1684 par Louis XIV. Ces deux affaires sont relatées en détail
dans le dossier de Castellio
" Les protestants Châtillonnais XVIème - XVIIIème siècles".
Mars 1789, les Châtillonnais qui sont alors environ 2000 rédigent
leur Cahier de Doléances et demandent le désenclavement de leur
ville. Ce dernier marquera le 19ème siècle. Celui-ci verra le creusement
du canal latéral à la Loire mis en service en 1883 avec la traversée
du fleuve à Châtillon et la construction des écluses de Mantelot
et des Combes.En 1841, inauguration du pont suspendu sur la Loire;
arrivée des trains en 1861; creusement du nouveau canal en 1890
et ainsi, l'entrée de Châtillon dans le monde moderne.
Nous
avons reçu de M. Christophe JONEAU le courrier suivant :
Bonjour,
Après lecture de l'historique de la ville sur le site officiel
de Châtillon-sur-Loire, quelques anomalies nous sont apparues.
D'une part, nous avons constaté une ambiguïté de
datation a propos des écrits d'André de Fleury.
André de Fleury a rédigé les recueils du Livre
IV au Livre VII "Des Miracles de Saint Benoit".
Ils semblent avoir été rédigés entre 1041
et 1043, alors qu'il s'agit en 1405, de "La copie dite de Paris".
L'originale du Livre V "Des Miracles de Saint Benoit" se
trouve aux archives vaticanes.
Robert-Henri BAUTIER, Professeur à l'École des Chartes,
nous a fait une traduction du Latin de la réédition
de "La Copie dite de Paris " : André de Fleury, Livre
V Des Miracles de Saint Benoit, éd. E. de Certain, 1858 (Société
de l'Histoire de France), chapitre 5, p 198-202.
D'autre part, le texte résumé sommairement dans la rubrique
historique de Châtillon-sur-Loire comporte quelques erreurs.
En effet, il ne s'agit pas de Edmond de Montfort mais d'Aymonen...
cognomine Fortem, traduit par l'abbé Th. COCHARD Aymon le Fort
dans la réédition d'une monographie du XIX ° siècle,
Paris Res Universis, 1991, "Histoire de Châtillon-sur-Loire",
et confirmé par Robert-Henri BAUTIER spécialiste en
Latin Médiéval, au moment des vérifications de
sources en 1988.
Nous avons également constaté que le mot "forteresse"
cité dans votre résumé semble être démesuré
voire prétentieux pour les historiens du XIX ° siècle.
Il faut plutôt y voir un enclos castral placé sur un
éperon offrant un bon rempart naturel aménagé.
En vous remerciant des corrections que vous pourrez apporter, veuillez
recevoir, Monsieur, nos sincères salutations.
Christophe JONEAU |