La
Loire, un fleuve sauvage et capricieux
1012 Km - son bassin couvre environ 115 000Km2, (1/5 de
la France).
Sa source : Le mont Gerbier des Joncs, dans le
Velay, à l'est du Massif Central, à l'altitude
de 1408 m.
Reçoit l'Allier, principal affluent de la rive
gauche, à la hauteur de Nevers.
Baigne les villes d'Orléans, Blois, Tours, Angers,
Nantes, et se jette dans l'Atlantique par l'Estuaire de
Saint-Nazaire.
Affluents rive gauche : Loiret, Beuvron, Cher, Indre
et Vienne.
Affluents rive droite : Maine et Loir, Sarthe,
Mayenne.
Régularisée par les barrages de Villerest
sur la Loire et de Naussac 1 et 2 sur l'Allier.
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Du
Pont de Châtillon à
l'Île d'Ousson.
Le premier canal latéral à la Loire construit
de 1827 à 1838 sur la rive gauche fait suite au
canal du Centre et rejoint le canal de Briare sur la rive
droite. Ce tracé oblige, malgré tout, le
canal latéral à traverser la Loire à
Digoin et l'Allier au Guétin par des ponts-canaux
en maçonnerie. A Mantelot les 600 à
700 mètres de large de la Loire obligeaient à
un passage à niveaux entre Châtillon, rive
gauche et les Combles, rive droite ; deux écluses
distantes de 1020 mètres furent construites sur
ces rives.
Le fleuve fut canalisé par la construction de chevrettes
et digues submersibles dites d'Ousson, de Mantelot
et de l'Escargot.
Le Canal latéral fut utilisé de 1838 à
1896. La construction du Pont-Canal sur la Loire entre
Saint-Firmin-sur-Loire et Briare, ainsi qu'une dérivation
du canal sur une dizaine de kilomètres mirent fin
à cette difficile traversée de la Loire.
Les
manuvres de Traversées :
Les traversées, avant 1880, pouvaient être
relativement aisées en période de basses
eaux ou devenir extrêmement périlleuses
en périodes de crues. Dans tous les cas de remonte,
les bateaux devaient se tourner dans le bassin des Combles
et se présenter par l'arrière de manière
à pouvoir, après le recul en Loire, être
pris en charge dans le sens du courant.
De
1838 à 1880
la remonte en Hautes Eaux :
Après la sortie de l'écluse des Combles,
les bateaux qui devaient remonter par les canaux étaient
halés sur quelques 800 m en rive droite, puis
traversaient le fleuve au droit de l'écluse de
Mantelot en s'aidant d'un système de deux ancres
lancées alternativement en biais et permettant
ainsi au bateau de se tracter latéralement pour
se présenter à l'entrée de l'écluse.
La remonte en Basses Eaux :
Les bateaux traversaient des Combles à l'Escargot,
sur une soixantaine de mètres, probablement par
le système des deux ancres, puis étaient
halés par la digue de l'Escargot jusqu'à
l'écluse de Mantelot.
La Descente en Basses et Hautes Eaux :
A la sortie de l'écluse de Mantelot, les bateaux
se laissaient glisser dans le chenal en se retenant
par ripages d'ancres, traversaient la Loire avant le
Pont et se ripaient rive droite pour se présenter
à l'écluse des Combles.
De
1880 à 1896
Le
passage fut facilité par la mise en service d'un
toueur permettant d'accompagner les bateaux en les tirant
ou en les retenant. Les embarcations étaient
regroupées pour les passages. Le toueur était
équipé d'un cabestan, d'une corde et d'une
chaîne lui servant à se tracter ou à
se retenir à partir des points d'ancrages. (
on suppose qu'il y en avait un sur l'Escargot pour la
traversée des Combles).
Les animaux de trait rejoignaient leurs embarcations
par le plan incliné de l'Escargot et le pont
sur la Loire.
Ces passages pouvaient durer de 3 à 6 h en fonction
de la hauteur des eaux, des types d'embarcations et
des chargements.
La moyenne des traversées était de 4 000
par an et la moyenne des naufrages était de 10.
Après la mise en service du toueur, ces traversées
atteignirent 9 000 par an.
Pour faciliter le transit de certaines marchandises,
un dock couvert de 34 m sur 15,60 m fut construit dans
le bassin de Mantelot en 1884, pour être démonté
et vendu en 1853 pour 3 000 F à la commune de
Chateauneuf-sur-Loire, où on peut le voir. C'est
la " Halle St Pierre ".
Les deux maisons éclusières de Mantelot
et des Combles abritaient la capitainerie ainsi que
le péage et les assureurs pour les traversées.
Le petit bâtiment annexe de Mantelot, actuellement
E.D.F., était le " Bureau de déclaration
et de Visa ". (bandeau visible côté
Loire).
Beaucoup de bateaux descendant la Loire étaient
construits pour supporter le voyage de la descente et
ne remontaient pas. Ces bateaux étaient démontés
à l'arrivée pour la récupération
et l'utilisation du bois. Cet important trafic à
la descente - donc attente plus longue à Mantelot
- est une explication donnée pour la disproportion
des dimensions entre le Bassin et celui des Combles.
Avaient également été envisagé,
mais non réalisé, le projet de construction
d'une troisième écluse en Loire à
la Hauteur de la commune d'Ousson.
ON
OBSERVERA :
- A l'extérieur des portes avales de l'écluse,
les vestiges du fonctionnement de portes anti-crues.
A l'écluse des Combles, cette porte anti-crues
est encore présente.
- Dans la maçonnerie extérieure amont
de l'écluse, deux marques de tailleurs de
pierres : " Rondot " avec le " N "
inversé, et " C ".
- En façade et aux angles des maisons éclusières
de Mantelot et des Combles, on remarquera les "
Attiques " : belles corniches masquant le bord
du toit
- Scellés dans les murs extérieurs
de l'écluse on peut encore voir des anneaux
et points d'amarrage en forme d'ancres.
Le
Pont-canal, entre Briare et Saint Firmin sur Loire riche
gauche - 662,69 m - fut construit de 1890 à 1896,
avec l'ouverture de la branche écluse de la Cognardière.
La construction de ce pont avait été envisagée
à Châtillon, mais l'étranglement
géographique avec retenue des eaux aurait entrainé
un surcoût dû à une trop grande surélévation
de l'ouvrage.
L'arrivée
du chemin de fer en 1861 fut le signe annonciateur d'un
lent déclin de la navigation fluviale
Les
crues centennales à l'échelle de Mantelot
:
Le niveau des crues est gravé en bas de la maison
éclusière et sur les maçonneries
de l'écluse.
1846 : 6,60 m
1856 : 6,74 m
1866 : 6,70 m
Le
pont de Châtillon :
1838 - 1841 : premier pont suspendu, détruit
partiellement par la crue de 1846, réparé
puis à nouveau détruit par celle de 1856
; il résiste à celle de 1866.
1930 - 1931 : un nouvel ouvrage est construit : 350
m - détruit en juin 1940, il est remis en service
en juillet 1951.
Une travée de ce pont, restée dans le
" bras mort ", a été dégagée
en été 1999 pour éviter l'ensablement
de ce bras qui devient actif en période de crue.
Sur L'esplanade de l'écluse,
le visiteur trouvera un
Plateau explicatif avec le principe des traversées.
Nous conseillerons aussi aux visiteurs de se rendre
à l'écluse des Combles en empruntant la
digue de l'Escargot et le pont sur la Loire. De ce point
de vue rive droite, un très beau panorama de
l'aval vers l'amont lui fera découvrir une autre
perspective de ces périlleuses traversées.
A voir aussi le treuil qui servait à haler les
bateaux depuis l'autre rive avant la mise en service
du toueur. (Ce treuil a récemment été
restauré).
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