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MANTELOT
MANTELOT: UN SITE UNIQUE EN FRANCE

Mantelot est à la fois une ancienne gare à bateaux et une écluse classées par les Monuments historiques.

Pendant 58 ans (entre 1838 et 1896), alors que le pont-canal de Briare n'existait pas, les bateaux qui naviguaient sur le "vieux canal" franchissaient la Loire à Châtillon entre l'écluse de Mantelot (rive gauche) et l'écluse des Combes (rive droite). La traversée du fleuve s'effectuait dans les deux sens.
Les bateaux allant de Châtillon à Briare traversaient le fleuve dans le sens du courant en suivant un chenal matérialisé par deux digues dont on voit toujours les traces dans l'axe de l'écluse de Mantelot . Le passage inverse, à contre-courant du fleuve, s'effectuait de la même façon par halage. Ces manœuvres, extrêmement pénibles et dangereuses, prenaient beaucoup de temps : de 2 à 4 heures à la descente, de 3 à 6 heures à la remontée.

La Loire, un fleuve sauvage et capricieux
1012 Km - son bassin couvre environ 115 000Km2, (1/5 de la France).
Sa source : Le mont Gerbier des Joncs, dans le Velay, à l'est du Massif Central, à l'altitude de 1408 m.
Reçoit l'Allier, principal affluent de la rive gauche, à la hauteur de Nevers.
Baigne les villes d'Orléans, Blois, Tours, Angers, Nantes, et se jette dans l'Atlantique par l'Estuaire de Saint-Nazaire.
Affluents rive gauche
: Loiret, Beuvron, Cher, Indre et Vienne.
Affluents rive droite : Maine et Loir, Sarthe, Mayenne.
Régularisée par les barrages de Villerest sur la Loire et de Naussac 1 et 2 sur l'Allier.
La Navigation au début du 19ème siècle :
Le Canal du Centre entre Chalon-sur-Saône et Digoin - 112 km - en service depuis 1790.
Le Canal de Briare (canal Henry IV) entre Briare et Montargis,en service depuis 1642, permettait la navigation sur la Loire vers Nevers et vers Orléans/Nantes.
Le Loing permet la jonction Montargis/Montereau et Montereau/Paris par la Seine.
Le Canal d'Orléans permet la jonction entre Montargis et Orléans.
D'où l'importance de faire la liaison Saône - Seine par le Canal Latéral à la Loire entre Digoin et Briare.
Du Pont de Châtillon à l'Île d'Ousson.
Le premier canal latéral à la Loire construit de 1827 à 1838 sur la rive gauche fait suite au canal du Centre et rejoint le canal de Briare sur la rive droite. Ce tracé oblige, malgré tout, le canal latéral à traverser la Loire à Digoin et l'Allier au Guétin par des ponts-canaux en maçonnerie. A Mantelot les 600 à 700 mètres de large de la Loire obligeaient à un passage à niveaux entre Châtillon, rive gauche et les Combles, rive droite ; deux écluses distantes de 1020 mètres furent construites sur ces rives.
Le fleuve fut canalisé par la construction de chevrettes et digues submersibles dites d'Ousson, de Mantelot et de l'Escargot.

Le Canal latéral fut utilisé de 1838 à 1896. La construction du Pont-Canal sur la Loire entre Saint-Firmin-sur-Loire et Briare, ainsi qu'une dérivation du canal sur une dizaine de kilomètres mirent fin à cette difficile traversée de la Loire.

Les manœuvres de Traversées :
Les traversées, avant 1880, pouvaient être relativement aisées en période de basses eaux ou devenir extrêmement périlleuses en périodes de crues. Dans tous les cas de remonte, les bateaux devaient se tourner dans le bassin des Combles et se présenter par l'arrière de manière à pouvoir, après le recul en Loire, être pris en charge dans le sens du courant.

De 1838 à 1880

la remonte en Hautes Eaux :
Après la sortie de l'écluse des Combles, les bateaux qui devaient remonter par les canaux étaient halés sur quelques 800 m en rive droite, puis traversaient le fleuve au droit de l'écluse de Mantelot en s'aidant d'un système de deux ancres lancées alternativement en biais et permettant ainsi au bateau de se tracter latéralement pour se présenter à l'entrée de l'écluse.
La remonte en Basses Eaux :
Les bateaux traversaient des Combles à l'Escargot, sur une soixantaine de mètres, probablement par le système des deux ancres, puis étaient halés par la digue de l'Escargot jusqu'à l'écluse de Mantelot.
La Descente en Basses et Hautes Eaux :
A la sortie de l'écluse de Mantelot, les bateaux se laissaient glisser dans le chenal en se retenant par ripages d'ancres, traversaient la Loire avant le Pont et se ripaient rive droite pour se présenter à l'écluse des Combles.

De 1880 à 1896

Le passage fut facilité par la mise en service d'un toueur permettant d'accompagner les bateaux en les tirant ou en les retenant. Les embarcations étaient regroupées pour les passages. Le toueur était équipé d'un cabestan, d'une corde et d'une chaîne lui servant à se tracter ou à se retenir à partir des points d'ancrages. ( on suppose qu'il y en avait un sur l'Escargot pour la traversée des Combles).
Les animaux de trait rejoignaient leurs embarcations par le plan incliné de l'Escargot et le pont sur la Loire.
Ces passages pouvaient durer de 3 à 6 h en fonction de la hauteur des eaux, des types d'embarcations et des chargements.
La moyenne des traversées était de 4 000 par an et la moyenne des naufrages était de 10. Après la mise en service du toueur, ces traversées atteignirent 9 000 par an.
Pour faciliter le transit de certaines marchandises, un dock couvert de 34 m sur 15,60 m fut construit dans le bassin de Mantelot en 1884, pour être démonté et vendu en 1853 pour 3 000 F à la commune de Chateauneuf-sur-Loire, où on peut le voir. C'est la " Halle St Pierre ".
Les deux maisons éclusières de Mantelot et des Combles abritaient la capitainerie ainsi que le péage et les assureurs pour les traversées. Le petit bâtiment annexe de Mantelot, actuellement E.D.F., était le " Bureau de déclaration et de Visa ". (bandeau visible côté Loire).
Beaucoup de bateaux descendant la Loire étaient construits pour supporter le voyage de la descente et ne remontaient pas. Ces bateaux étaient démontés à l'arrivée pour la récupération et l'utilisation du bois. Cet important trafic à la descente - donc attente plus longue à Mantelot - est une explication donnée pour la disproportion des dimensions entre le Bassin et celui des Combles.
Avaient également été envisagé, mais non réalisé, le projet de construction d'une troisième écluse en Loire à la Hauteur de la commune d'Ousson.

ON OBSERVERA :
- A l'extérieur des portes avales de l'écluse, les vestiges du fonctionnement de portes anti-crues. A l'écluse des Combles, cette porte anti-crues est encore présente.
- Dans la maçonnerie extérieure amont de l'écluse, deux marques de tailleurs de pierres : " Rondot " avec le " N " inversé, et " C ".
- En façade et aux angles des maisons éclusières de Mantelot et des Combles, on remarquera les " Attiques " : belles corniches masquant le bord du toit
- Scellés dans les murs extérieurs de l'écluse on peut encore voir des anneaux et points d'amarrage en forme d'ancres.

Le Pont-canal, entre Briare et Saint Firmin sur Loire riche gauche - 662,69 m - fut construit de 1890 à 1896, avec l'ouverture de la branche écluse de la Cognardière.
La construction de ce pont avait été envisagée à Châtillon, mais l'étranglement géographique avec retenue des eaux aurait entrainé un surcoût dû à une trop grande surélévation de l'ouvrage.

L'arrivée du chemin de fer en 1861 fut le signe annonciateur d'un lent déclin de la navigation fluviale

Les crues centennales à l'échelle de Mantelot :
Le niveau des crues est gravé en bas de la maison éclusière et sur les maçonneries de l'écluse.
1846 : 6,60 m
1856 : 6,74 m
1866 : 6,70 m

Le pont de Châtillon :
1838 - 1841 : premier pont suspendu, détruit partiellement par la crue de 1846, réparé puis à nouveau détruit par celle de 1856 ; il résiste à celle de 1866.
1930 - 1931 : un nouvel ouvrage est construit : 350 m - détruit en juin 1940, il est remis en service en juillet 1951.
Une travée de ce pont, restée dans le " bras mort ", a été dégagée en été 1999 pour éviter l'ensablement de ce bras qui devient actif en période de crue.

Sur L'esplanade de l'écluse, le visiteur trouvera un
Plateau explicatif avec le principe des traversées.

Nous conseillerons aussi aux visiteurs de se rendre à l'écluse des Combles en empruntant la digue de l'Escargot et le pont sur la Loire. De ce point de vue rive droite, un très beau panorama de l'aval vers l'amont lui fera découvrir une autre perspective de ces périlleuses traversées.
A voir aussi le treuil qui servait à haler les bateaux depuis l'autre rive avant la mise en service du toueur. (Ce treuil a récemment été restauré).

Sources :
Archives V.N.F. subdivision de Briare.
Maison des Deux Marines de Briare.
D.R.A.C. - Service régional de l'Inventaire-Orléans.
Journal de Gien " Spéciale Centenaire du Pont-canal de Briare. " 1996
Encarta (R) 98.
Photos de J.P. Halley.


Office du Tourisme :
Tél./Fax 02 38 31 42 88
Association Castellio.

 

 

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