| |
EVOLUTION
DE LA PAC: DES REFORMES SUCCESSIVES
En
une génération, la PAC a permis de fournir aux
consommateurs, tout au long de l'année, des produits
de qualité à des prix accessibles, de moderniser
les moyens de production et de multiplier la productivité
par 2, 3 ou 4 selon les secteurs avec 2 à 3 fois moins
de besoins en main d'uvre. A titre d'exemple, le rendement
moyen par hectare est passé en 25 ans pour le blé
de 20 à 70 quintaux tandis que la production laitière
bovine était multipliée par 2,tout comme le
nombre de machines agricoles.
La Communauté, à l'origine déficitaire,
parvient à assurer entièrement son approvisionnement
pour presque tous les produits agricoles et même à
devenir excédentaire. Dans les années 70 et
80, des excédents apparaissent dans plusieurs secteurs
(lait, vin, céréales, viande bovine), que le
marché n'absorbe plus et dont le stockage pèse
de plus en plus lourd dans le budget communautaire.
La PAC est amenée à s'adapter par des réformes
successives portant sur:
- l'amélioration des structures (1972): adaptation
des agriculteurs aux nouvelles conditions du marché
en équipant des exploitations, en formant les hommes,
en encourageant la cessation d'activité;
-
la résorption des excédents (1984): instauration
d'un contrôle quantitatif des productions excédentaires,
avec la mise en place de "quotas laitiers" (droits
à produire), et de "quantités maximales
garanties" (le dépassement de quota, pour les
céréales, est autorisé mais taxé);
-
le contrôle des dépenses agricoles (1988):
suite aux surcoûts dus aux achats publics de produits
excédentaires entre 1970 et 1985, les dépenses
agricoles sont plafonnées en limitant la croissance
annuelle du budget du FEOGA à 74% du taux de croissance
du PNB communautaire;
-
la réorientation des aides agricoles (1992):
la politique de soutien des prix est remplacée par
une politique de soutien des revenus agricoles. Autre élément
important de cette réforme: la protection de l'environnement
et le développement du potentiel naturel des campagnes:
reboisement des terres agricoles, développement du
tourisme rural.
L'AVENIR DE LA PAC (2000-2006)
La réforme de la PAC, adoptée en mars 1999,
a été engagée à titre préventif
dans le cadre financier de l'Agenda 2000 pour mieux faire
face aux défis futurs: déséquilibres
structurels toujours possibles pour certains marchés,
élargissement aux pays candidats, nouveau cycle de
négociations à l'OMC sur la libéralisation
de l'agriculture au niveau mondial. Les chefs d'Etat ou de
gouvernement ont également fixé, dans le cadre
de l'Agenda 2000, le plafond des dépenses de la PAC
et de celles du développement rural et des mesures
vétérinaires et phytosanitaires.
Suite à l'accord conclu à l'issue du Sommet
européen de Berlin le 25 mars 1999:
-
les Organisations communes de marché sont simplifiées
pour tenir compte de l'évolution de l'offre et de la
demande dans les secteurs de la viande bovine, des produits
laitiers, du vin et des cultures arables;
-
le développement rural est encouragé,
d'une part pour faire participer davantage la dépense
agricole à l'aménagement du territoire et d'autre
part pour réconcilier l'agriculture avec son environnement.
-
le cadre financier (40,5 milliards d'euros en moyenne
par an - 265 milliards de francs) est fixé pour six
ans et prend en compte les incidences de l'élargissement,
le remplacement du régime de soutien des prix par des
aides directes, avec une baisse progressive permettant d'atteindre
moins de 20% sur le prix d'intervention garanti pour la viande
bovine et moins 15% pour les céréales et les
produits laitiers. Une réserve de 14 milliards d'euros
(92 milliards de francs) est en outre consacrée au
financement du développement rural et à la mise
en place de mesures vétérinaires et phytosanitaires
nécessaires à la lutte contre les maladies émergentes,
et une autre de 250 millions d'euros (1,6 milliards de francs)
alimente l'Instrument structurel de pré-adhésion
(ISPA).
|